Colline, Jean Giono

Après avoir lu Un Roi sans divertissement (critique), de Jean Giono, j'ai eu envie de découvrir davantage d'œuvres de cet auteur français. J'aimais bien l'atmosphère qui règne dans ce roman, les paysages magnifiques subtilement décrits, ainsi que les liens sociologiques qui nouent les personnages entre eux. Je me suis donc lancé dans la lecture de Colline, premier roman de Jean Giono, texte représentatif de son style bien particulier. Un élément du décor, la colline, est annoncé d'emblée, dès le titre.

Mais quelle place dans le roman cette simple colline peut-elle bien avoir ?

- CARACTÉRISTIQUES

Colline, Jean Giono
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Paru en 1929 aux éditions Grasset
Le Livre de Poche n°590, 162 pages
- RÉSUMÉ

Quatrième de couverture des éditions Le Livre de Poche
Un débris de hameau où quatre maisons fleuries d'orchis émergent des blés drus et hauts. Ce sont les Bastides Blanches, à mi-chemin entre la plaine et le grand désert lavandier, à l'ombre des monts de Lure. C'est là que vivent douze personnes, deux ménages, plus Gagou l'innocent. 
Janet est le plus vieux des Bastides. Ayant longtemps regardé et écouté la nature, il a appris beaucoup de choses et détient sans doute certains secrets. Maintenant, paralysé et couché près de l'âtre, il parle sans arrêt, « ça coule comme un ruisseau », et ce qu'il dit finit par faire peur aux gens des Bastides. Puis la fontaine tarit, une petite fille tombe malade, un incendie éclate. C'en est trop ! 
Le responsable doit être ce vieux sorcier de Janet. Il faut s'en débarrasser... 
Dans Colline, premier roman de la trilogie de Pan (Un de Baumugnes, Regain), Jean Giono, un de nos plus grands conteurs, exalte dans une langue riche et puissante les liens profonds qui unissent les paysans à la nature.
Mon résumé: Dans les Bastides Blanches coule une fontaine vitale à la vie paisible de deux ménages, répartis dans quatre maisons. Mais l'air frais et pur des collines va rapidement changer d'odeur: Janet, personnage vieux et mourant, qui détient les secrets les mieux cachés de la nature, va parler seul dans son agonie. Tandis qu'un chat méfié des villageois traverse le village, les paroles du vieillard prennent forme: la fontaine ne coule plus et le feu approche. Seul Gagou sait où trouver une source. Mais faut-il lui laisser le temps de détruire tout le village ?

- JEAN GIONO, POÈTE ROMANESQUE

Tout d'abord, Jean Giono est un véritable poète dans le roman. Dès le début de l'œuvre, les métaphores associées à la nature foisonnent, les phrases courtes, descriptives et démonstratives confèrent au roman une beauté stylistique unique. Les retours à la ligne sont nombreux, les alinéas mettent en exergue ces courtes phrases à la fois liées et détachées du roman.

Le vent bourdonne dans les platanes. 
Ce sont les Bastides Blanches. 
Extrait de Colline, de Jean Giono, aux éditions Le Livre de Poche n° 590, page 25
L'écriture même de Jean Giono est très belle, très riche et recherchée. La simple colline révèle un côté mystique fantastique: on ressent un cœur qui bat.

La où, avant, je voyais un arbre, une colline, enfin des choses qu'on voit d'habitude, il y avait toujours un arbre, une colline, mais je voyais, au travers, leur âme terrible.  
Extrait de Colline, de Jean Giono, aux éditions Le Livre de Poche n° 590, page 117

UN STYLE AU SERVICE D'UN RÉCIT

Manosque, colline du Mont d'Or.
Giono, dans Manosque des plateaux, disait
"Ce sein rond est une colline".
Image: Thythy, Wikimedia Commons
La langue est subtilement maniée par Jean Giono. La présentation des personnages est très claire, rapide, efficace, en quelques lignes tous les villageois sont introduits. C'est cette simplicité de l'intrigue qui fluidifie le roman, qui laisse place à un panorama magnifique des alentours de Manosque. La terre est un personnage a part entière, personnage ambiguë que l'on peut assimiler au Hêtre, dans Un Roi sans divertissement. De plus, tout comme dans Un Roi sans divertissement, la mort est un instant magique, doré, mis en valeur par Jean Giono.

C'est le silence qui les réveille. Un silence étrange. Plus profond que d'habitude; plus silencieux que les silences auxquels ils sont habitués. 
Extrait de Colline, de Jean Giono, aux éditions Le Livre de Poche n° 590, page 61

Bien que le roman soit court, il est pour le moins vaste en métaphores poétiques. Un dossier de plusieurs pages est d'ailleurs présent aux éditons Le Livre de Poche. En effet, des références mythologiques sont cachées dans la texte. Savoureux.
LES PLUS L'écriture même de Jean Giono, les métaphores poétiques, ainsi que la simplicité de l'intrigue.
LES MOINS Non, j'ai tout apprécié. 
Ma critique vous a donné envie de lire l'œuvre de Jean Giono ?

2 commentaires:

  1. Vous êtes un jeune homme talentueux ! C'est un réel bonheur que de lire vos critiques.
    Vous avez sans doute un bel avenir !
    Merci à vous.

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  2. Merci pour votre commentaire.

    Mes critiques font en effet l'objet d'un long travail de recherche qui me demande beaucoup de temps.

    Malheureusement, l'année de Terminale n'est pas facile, je suis très occupé, c'est pourquoi mes critiques se font de plus en plus rares. Toutefois, j'espère vous satisfaire à nouveau prochainement.

    Aspare.

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