Un roi sans divertissement, Jean Giono

Un Roi sans divertissement de Jean Giono, ma première "chronique" sur internet.


CARACTÉRISTIQUES 

Un roi sans divertissement, Jean Giono
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Publié en 1947
Editions Folio
243 pages


INTRODUIRE L'OEUVRE...

"Lisez Un Roi sans divertissement pendant les vacances, contrôle de lecture à la rentrée..." s'exclama ma professeur de français. J'ai donc été obligé de lire ce roman pour le bac de français, avant d'étudier, d'osculter le texte en classe. En allant acheter le livre à la librairie, je me suis posé de multiples questions quant à son titre, pour le moins étonnant... 

A l'inverse de ce "Roi", allais-je me divertir ? Nous devons le lire pour le bac, il doit bien y avoir là de la matière, du contenu intéressant à étudier...


L'AUTEUR


Issu d'une famille modeste, Jean Giono est employé de banque lorsque survient la Première Guerre mondiale. Profondément choqué par les combats au front, il devient l'une des principales figures du pacifisme dans les années 30. La publication de 'Colline' en 1929 est saluée par tous, notamment par André Gide. Dans son oeuvre, Giono prône la révolte contre la ville, la société industrielle capitalistique, et vante les valeurs rurales. D'abord extrêmement populaires chez les jeunes, ses idées susciteront hostilité et méfiance lors de la Libération, à cause de leur proximité avec celles du maréchal Pétain. Giono n'abandonne pourtant pas l'écriture, et produit certaines de ses oeuvres les plus fortes - les plus pessimistes aussi - auxquelles le public réserve un bon accueil. Giono a également réalisé certains films : citons 'Crésus' avec Fernandel et 'Un roi sans divertissement', Grand Prix du Cinéma français de 1963.
Sources: Site internet Evene, le 27/06/2011

RÉSUMÉS

Voici la quatrième de couverture, qui vous éclairera sans doute davantage au sujet du texte...

"Le livre est parti parfaitement au hasard, sans aucun personnage. Le personnage était l'Arbre, le Hêtre. Le départ, brusquement, c'est la découverte d'un crime, d'un cadavre qui se trouva dans les branches de cet arbre. Il y a eu d'abord l'Arbre, puis la victime, nous avons commencé par un être inanimé, suivi d'un cadavre, le cadavre a suscité l'assassin tout simplement, et après, l'assassin a suscité le justicier. C'était le roman du justicier que j'avais écrit. C'était celui-là que je voulais écrire, mais en partant d'un arbre qui n'avait rien à faire dans l'histoire." J. Giono, Editions Folio.

Vous n'avez pas bien compris ? Effectivement, cette citation peut paraître floue. Retenez : un Hêtre, un assassin et un justicier. Avez-vous vu un Roi là-dedans ?

Si vous voulez en savoir plus sur le texte, voici un résumé "éclair". Un village de Trièves, durant les années 1840. Des disparitions inattendues ont lieu. Le capitaine Langlois intervient pour élucider le mystère. Le coupable, un homme nommé M.V. est découvert et cache ses victimes dans un Hêtre non loin du village. Cet arbre est unique et est présenté comme un Dieu ("Apollon-citharède", p.9, éd.Folio). Langlois quitte puis revient au village. Il est nommé "commandant de Louveterie": il orchestre des chasses au loup avec les villageois, et guide ce village tout en restant distant, jusqu'à devenir une sorte de roi, maître de toutes les cérémonies.

Le thème du divertissement est très présent, entre autre au travers du sang (victimes de M.V., animaux mutilés, chasse au loup,...), des dorures (vêtements du curé,...). Cette notion de divertissement est une réponse à Blaise Pascal (l'Homme est misérable, le divertissement ne nous fait qu'oublier cette condition, tandis que la religion nous "grandit"). Ici, le capitaine Langlois, avare de divertissement, contredit Pascal. Sans vous révéler la fin, l'histoire se clôt sur un divertissement pour le moins grandiose...

MON AVIS SUR LE ROMAN

De prime abord, je n'ai pas trop aimé le texte, je me suis principalement ennuyé. Oui, ennuyé comme ce soit-disant "Roi" qui, hormis symboliquement au travers du personnage de Langlois, n'existe pas. L'atmosphère glauque (disparitions, sang), froide (hiver) est intéressante, mais s'allie avec un récit lent, une certaine "action-inactive" que je n'apprécie pas beaucoup. Les descriptions me paraissent fatigantes, non trop détaillées mais décrites d'une manière quelque peu stagnante.


Cependant, j'ai apprécié le style des chroniques dans lequel la narration s'effectue au travers de différents points de vue, ce qui nous permet de bâtir l'histoire, de mener l'enquête et de rendre les personnages vraisemblables et attachants. L'enquête, la poursuite de M.V. (l'assassin) est angoissante dans cette atmosphère déjà déstabilisante, ce que j'ai aimé. Les descriptions du hêtre sont également des passages qui me font vraiment voyager voire rêver dans un autre univers, le hêtre (homophone du verbe "être") étant un personnage extraordinaire à part entière dans l'oeuvre.

Après le travail de l'oeuvre en classe, mon point de vue sur l'oeuvre a changé. Je trouve finalement ce roman très riche dans son contenu, j'apprécie la manière parfois poétique dont Jean Giono, l'auteur, manie la langue. Finalement, je garde de Un roi sans divertissement un souvenir partagé même si, après étude, j'ai beaucoup aimé. C'est une sorte de "fenêtre" sur un univers très particulier selon moi, qui ne plaira peut-être pas à certains, mais que je vous conseille pour votre culture personnelle et pour la beauté de la langue maniée par Jean Giono.
 
LES PLUS L'atmosphère générale, le style des chroniques (narration), la beauté de la langue
LES MOINS L'action parfois "stagnante", ennuyante
Ma critique vous a donné envie de lire l'oeuvre de Jean Giono ?
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7 commentaires:

  1. Ta chronique est très intéressante, je projette de lire ce livre depuis un moment mais repousse par peur de m'ennuyer justement ... je verrais, un jour. Bonne continuation ;)

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  2. Je l'ai lu il y a quelques années et j'avais beaucoup aimé!

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  3. J'avais dû le lire pour le Bac de Français et c'est vrai qu'aux premiers abords, ce livre n'est très facile d'accés... Toutes les métaphores cachées et les subtilités de langue doivent être étudiées pour être comprises je pense !

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  4. Relire le texte peut aussi être intéressant car Giono cache des indices, véritables clés de l'enquête, dès le début du livre...

    Merci en tout cas d'être passés sur le blog !

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  5. Oula, cela me ramène 8 en arrière, puisque moi aussi ai lu ce livre pour le bac !!
    J'avais, comme toi, beaucoup aimé l'ambiance et avais trouvé beaucoup plus de détails et de complexité lorsqu'on avait vraiment "étudié" ce livre...
    Un livre à étudier, donc, plus qu'à lire... Pour moi ;)

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  6. Je ne connais pas celui-là. En fait j'ai plutôt lu ceux qui expose la nature. Avec colline, tu me fais envie.

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  7. La nature a quand même une place importante dans ce roman, c'est ici un divertissement.

    Mais effectivement, dans Colline, la place y est plus importante.

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